Combien de jours de congés ont les employés japonais ?

travailleurs employés en costume japonais marchant dans le métro vers le travail japon congés payés

Le Japon est un pays où le travail est primordial afin d’être bien vu dans la société. Bien qu’ils aient le droit à des jours de congés payés, la plupart des travailleurs japonais ne les prennent pas, pour plusieurs raisons…

La place du travail au Japon

Au Japon, le travail est primordial pour se faire une place dans la société. Donc, plus on travaille, plus on a l’impression d’être reconnu socialement car on n’est pas perçu comme un paresseux. D’ailleurs, les salariés japonais n’hésitent pas à enchainer les heures supplémentaires afin de pouvoir garder leur poste au sein d’une entreprise.

C’est pour cette raison que les salariés japonais ne prennent, en moyenne, que la moitié de leurs congés payés autorisés par an. Ce qui, d’ailleurs, mène chaque année, 200 travailleurs japonais au « Karoshi » (mort au travail) suite à un arrêt cardiaque dû à leur stress et à leur surmenage.

Combien de jours de congés peuvent prendre les travailleurs japonais ?

Les jours de congés sont peu utilisés au Japon

En 2017, les travailleurs japonais devaient avoir au minimum 10 jours de congés payés annuellement. En réalité (bonne nouvelle), en fonction de leur contrat de travail, les japonais disposent en général de 18,5 jours de congés payés annuels, selon une étude du Ministère du Travail au Japon.

Mais les employés japonais ayant peur de perdre leur emploi ou d’être mal perçus par la société, ne prennent que 9 jours de congés payés par an… seulement !

D’ailleurs, les salariés japonais n’utilisent généralement pas ces jours de congés payés pour se relaxer en vacances, non ! Ils les utilisent plutôt pour les jours de maladie. Autant vous dire que les vacances ne sont pas encore ancrées dans la culture des travailleurs nippons.

Le gouvernement japonais s’inquiète pour ses salariés

Actuellement, l’état japonais s’inquiète des centaines d’employés morts au travail, suite au stress chronique, à la fatigue et à l’épuisement physique et psychologique. Il souhaite donc mettre en place dans les entreprises, l’obligation pour les salariés de prendre leurs jours de congés payés annuels.

Avec 10 jours de congés payés par an (sur une base de 5 jours par semaine), les japonais se placent en avant-dernière place, sur une base de 9 pays comparés. Le Japon se situe devant la Chine qui n’a que 5 jours de congés payés par an, ainsi que devant l’Inde qui se place en dernière position avec 0 jour de congé payé par an.

D’ailleurs, le 1er ministre Shinjiro Koizumi a essayé de faire progresser la situation d’une manière peu commune…

salariés employés japonais traversant la route aux heures de pointe à Tokyo au Japon
Heure de pointe à Tokyo au Japon

Les congés paternité au Japon

Un congé très rarement pris par les travailleurs japonais

Le premier ministre Shinjiro Koizumi a pris 2 semaines de congé paternité suite à la naissance de son nouveau né. Ceci parait anodin, mais au Japon, très peu de nouveaux pères prennent leurs congés paternité. Il considèrent que c’est à la mère de mettre de côté sa vie professionnelle (parfois même d’abandonner sa place dans la société) lors de la naissance de leur bébé. D’après certains sondages, un tiers des femmes renoncent à leur carrière afin de se consacrer à l’éducation de leurs enfants.

Un congé vu d’un mauvais œil dans la culture japonaise

En 2018, seulement 6% des pères ont pris un congé payé suite à la naissance de leur enfant. Dans la société japonaise, il est très mal vu pour un homme de prendre un congé parental. Ayant peur d’être déshonorés, les papas ne prennent donc pas leur congé parental. Ceci équivaudrait pour eux à prendre le rôle qu’ils assignent à la femme dans le foyer.

De plus, les hommes de la vieille école déclarent ne pas aimer quitter leur emploi dans le but d’effectuer des tâches ménagères, qu’ils considèrent destinées aux femmes.

Paradoxalement, l’Etat japonais offre 1 an de congé parental aux hommes comme aux femmes lors de la naissance d’un nouveau-né. Ceci est d’ailleurs une durée très généreuse, comparé à la majorité des autres pays du monde.